Chirurgie du foie

L’ablation partielle du foie est une opération chirurgicale qui consiste à retirer la partie du foie sur laquelle la tumeur s’est développée. On parle généralement de résection chirurgicale ou encore d’hépatectomie partielle. Cette technique est le traitement principal pour les cas de cancer né du foie ou bien métastatique qui surviennent sur un foie sain ou sur une cirrhose qui n’affecte pas le fonctionnement du foie.

Avant l’intervention

L’intervention est contre-indiquée en cas d’hypertension portale importante, c’est-à-dire de pression du sang trop élevée dans la veine porte, qui augmente le risque de complications.

Elle nécessite également un arrêt de la consommation d’alcool. L’alcool entraîne une inflammation qui empêche le foie de se régénérer après l’intervention et peut provoquer une insuffisance hépatique grave.

La consultation avec le chirurgien

Lors d’une consultation, le chirurgien vous explique les objectifs de l’opération, la technique qu’il va utiliser, les suites et les complications possibles. Cette consultation est l’occasion de poser toutes les questions que vous avez au sujet de l’intervention. Le chirurgien vous demande de signer un consentement.

La consultation avec l’anesthésiste

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. La consultation avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques liés à l’anesthésie, en prenant en compte vos antécédents médicaux et chirurgicaux. Il est important de signaler tout problème de santé, notamment les allergies (asthme, eczéma, rhume des foins, etc.), les problèmes cardiaques (hypertension par exemple), la prise de médicaments, en particulier anticoagulants et aspirine, ainsi que votre consommation de tabac et d’alcool. Il est prouvé que l’arrêt du tabac et de l’alcool quelques semaines avant une intervention réduit les complications postopératoires.

Comment accéder à la tumeur ?

Une voie d’abord désigne le chemin utilisé par le chirurgien pour accéder à l’organe ou à la zone à opérer.
Dans la plupart des cas, l’ablation partielle du foie nécessite une laparotomie : le chirurgien ouvre l’abdomen pour accéder au foie. L’incision est le plus souvent pratiquée horizontalement sous les côtes, du côté droit, mais peut varier selon votre morphologie.

En alternative à la laparotomie, une autre voie d’abord, appelée cœlioscopie ou laparoscopie, peut être utilisée. Elle consiste à remplacer l’ouverture de l’abdomen par plusieurs petites incisions, au travers desquelles le chirurgien fait passer ses instruments chirurgicaux et un système optique. Le système optique est relié à un écran vidéo et le chirurgien opère en regardant l’écran. Les gestes effectués à l’intérieur de l’abdomen sont identiques à ceux de la laparotomie.

Comment se déroule l’opération ?

L’intervention débute par l’ouverture de l’abdomen ou, lors d’une cœlioscopie, par la mise en place des différents instruments et du système optique. La première étape consiste à identifier et à localiser la tumeur. Le chirurgien s’aide le plus souvent d’une échographie. On parle d’échographie peropératoire, c’est-à-dire réalisée durant l’opération.

Une sonde d’échographie stérile est posée au contact du foie. Des images très précises permettent de localiser la tumeur, notamment par rapport aux vaisseaux internes du foie, et de délimiter la partie du foie à retirer pour enlever la totalité de la tumeur. L’échographie sert également à vérifier qu’il n’existe pas d’autres nodules non détectés avant l’intervention.

La quantité de foie à enlever dépend de la taille, de la localisation et du nombre de nodules tumoraux. L’incision suit généralement les contours d’un ou plusieurs segments du foie. En fonction du nombre de segments retirés, on parle de segmentectomie ou de bisegmentectomie (pour deux segments retirés). Lorsqu’un lobe entier du foie est retiré on parle de lobectomie droite ou gauche.

En cas de cirrhose, il n’est pas toujours possible d’enlever plusieurs segments, car les capacités de régénération du foie laissé en place sont alors limitées. Dans certains cas, le chirurgien peut enlever uniquement la tumeur, on parle alors de tumorectomie.
Une petite partie du foie sain entourant la tumeur, appelée marge de résection, est également retirée. Idéalement de 1 ou 2 centimètres, cette marge est une sécurité dans le cas ou des cellules cancéreuses invisibles aux examens se seraient propagées à proximité de la tumeur.

Une fois l’intervention terminée, un suivi important est mis en place pour prévenir et prendre en charge d’éventuelles complications.

Le suivi après l’opération

Comme après toute intervention chirurgicale, des douleurs sont fréquentes dans la zone opérée. Elles sont systématiquement traitées, généralement par de la morphine ou l’un de ses dérivés. Si vous n’êtes pas suffisamment soulagé, signalez-le à l’équipe médicale afin que le traitement puisse être adapté.
Plusieurs dispositifs ont été mis en place pendant l’intervention pour faciliter le suivi de l’opération et votre rétablissement : une sonde nasogastrique, une sonde urinaire et des drains.

La sonde nasogastrique, tuyau qui passe par le nez, l’œsophage et rejoint l’estomac, évacue les sécrétions de l’estomac pour éviter les vomissements. Elle est le plus souvent retirée à votre réveil ou le lendemain de l’opération. Rapidement, une alimentation liquide, puis solide, vous est proposée.

La sonde urinaire sert à recueillir les urines et à mesurer leurs volumes pour mieux contrôler le fonctionnement des reins. Elle est retirée quelques jours après l’intervention.

Les drains, tuyaux souples et fins, permettent d’évacuer les liquides et les sécrétions (sang, lymphe, bile) qui peuvent s’accumuler dans l’abdomen. Ils sont placés à travers la peau sous les côtes, à droite et à gauche de l’abdomen. Ces drains ne sont pas douloureux et sont retirés sur décision du chirurgien, le plus souvent quelques jours après l’intervention.

Enfin, pour éviter une phlébite, un médicament anticoagulant vous est prescrit. Les médecins vous demanderont également de vous lever assez rapidement après l’intervention. Le port de bas de contention est fréquemment préconisé dès l’opération.
Durant les premiers jours d’hospitalisation, de nombreux examens sont programmés pour suivre l’évolution de votre état et le bon fonctionnement du système digestif.

Les analyses de la tumeur

L’ensemble de ce qui a été retiré lors de l’intervention chirurgicale est transmis au laboratoire, au service d’anatomopathologie, pour être analysé. Cet examen est réalisé par un médecin spécialiste, le pathologiste.
L’examen consiste à observer minutieusement, à l’œil nu puis au microscope, les tissus prélevés pour :
• confirmer le diagnostic de cancer et décrire le type de tumeur prélevée,
• déterminer jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées,
• vérifier si les bords du tissu qui entoure la tumeur (marges de résection) sont sains, c’est-à-dire qu’ils ne contiennent pas de cellules cancéreuses, ce qui indique que la tumeur a bien été enlevée en totalité.
Dans certains cas, une partie des analyses est réalisée pendant l’opération. Le chirurgien peut alors, si les résultats de l’examen le rendent nécessaire, retirer davantage de tissus. On parle aussi d’examen extemporané

La durée d’hospitalisation

L’hospitalisation dure habituellement de 2 à 3 semaines. Elle varie en fonction de l’intervention pratiquée, de complications éventuelles et de votre état de santé général. En cas de complications, l’hospitalisation peut être prolongée.

Infos pratiques
Institut de Chirurgie Viscérale
11, rue Silbermann 67000 Strasbourg
Tél : 03 88 60 40 80
Fax : 03 88 45 00 28
Ouvert du lundi au vendredi
de 8h30 à 12h00
et de 14h00 à 18h00
URGENCES - Nuit & Week-end
0 826 399 918 (0,15 €/min)
Clinique de l'Orangerie
29, allée de la Roberstau
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